Questions posées par le JIR.
1. Monsieur le Maire, vous allez bientôt souffler votre première bougie à la tête de la commune. Concrètement, qu’avez-vous fait depuis un an ?
Beaucoup de choses. En interne d’abord, un fonctionnement municipal cohérent et structuré a été rétabli avec un cadre de travail, le respect du circuit hiérarchique et des procédures mais aussi l’ouverture au dialogue social avec l’installation d’un CTP et CHSCT. Pour construire les fondations de la maison saint-andréenne, nous avons élaboré un Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI), entamé une étude avec l’EPFR pour une meilleure lisibilité et maîtrise du foncier, relancé le PLU, préparé le projet d’extension de la STEP -qui a reçu un avis favorable de la préfecture le 26 février dernier-, proposé des finances sincères en rattachant les dépassant de 2008 à leur exercice, orienté l’aide sociale en faveur des plus nécessiteux… les travaux ne manquent pas. Rénovation et mise en conformité des crèches, numérisation des actes de l’Etat civil, installation de poubelles et toilettes publiques en centre ville, création d’une bibliothèque dans une école de Cambuston, sécurisation des routes avec la pose de ralentisseurs, traitement de l’assainissement pluvial à chemin Lagourgue, réfection de chemin (exemple de chemin Ratenon), réfection du pont de Bras Mousseline,... les réalisations sont multiples et bien concrètes. Nous avons aussi initié la démocratisation de la vie culturelle et sportive avec des manifestations nouvelles : 20 décembre, fête de la musique, Sport et femmes, A vous la Ville à vélo…
1. Pourtant, la population, dans sa grande majorité, attend toujours des gestes significatifs et visibles du changement que vous avez promis en mars 2008. Comment expliquez-vous cette impatience ?
La victoire a entraîné un immense espoir. Cette impatience est à la hauteur des carences accumulées depuis 37 ans à tous les niveaux de l’action municipale. Les nombreuses attentes de la population en découlent justement. Elles s’expriment peut-être aujourd’hui plus librement. Moi-même je suis parfois impatient, voudrais agir sur tous les fronts en même temps. Mais je porte une lourde responsabilité: celle de régler les problèmes immédiats sans conditionner le développement de notre ville, sans hypothéquer l’avenir de nos enfants. Je me dois d’être pragmatique, de faire des choix cohérents, de poser des priorités pour préparer la ville de demain, le désenclavement de Saint-André et de ses grands pôles.
2. Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous dans l’exercice de votre mandat durant cette première année et comment voyez-vous l’avenir de Saint-André durant les cinq années à venir ?
La principale difficulté, outre la gestion immédiate de notre héritage, est de faire comprendre justement notre logique qui ne répond pas à une vision clientéliste de la politique mais à une volonté sincère et réfléchie d’agir pour l’intérêt collectif. C’est d’autant plus difficile de défendre cette position que chaque famille voit d’abord, naturellement, ses propres difficultés et attend des réponses précises, individuelles. Un travail, un logement, plus de pouvoir d’achat…un maire ne peut pas tout, tout de suite, c’est aussi cela dire la vérité et ce n’est pas toujours facile.
D’ici 5 ans, bien d’autres chantiers auront encore avancés. Mais l’avenir de Saint-André sera, comme celui des autres communes, astreints à de nombreuses difficultés: la décentralisation sans dotation financière; la privatisation des services publics; les menaces qui pèsent sur l’octroi de mer; la stagnation des recettes et l’augmentation des charges; les conséquences accrues du chômage chez les jeunes avec une augmentation des demandes d’aide sociale… la crise économique mondiale resserre l’étau. Mais loin de baisser les bras, je reste confiant car j’ai une équipe à mes côtés qui travaille dure pour notre ville et sa population. L’avenir de Saint-André comme celui de La Réunion dépend de notre capacité à travailler ensemble décideurs politiques, économiques, citoyens pour construire, sans craindre la nouveauté, un autre modèle de développement en commençant peut-être par revenir à un mode de vie moins consumériste! Ce ne sera pas simple mais c’est possible et même impératif. Nous le pouvons.
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