
Retrouvez l'interview accordé au JIR relatif au projet du basculement des eaux d’Est en Ouest
1) Ce projet présente-t-il toujours un intérêt majeur 20 ans après son lancement ?
Absolument. Demandez donc aux 500 agriculteurs de l’Ouest qui bénéficient aujourd’hui de l’eau pour leurs cultures sur plus de 5 000 hectares, ceux qui l’ont attendu depuis des années, ceux de la pointe au sel qui ont vu verdir tout un territoire avec son arrivée. Je précise l’importance de l’irrigation pour l’agriculture dans cette région de l’île : augmentation du tonnage par hectare, développement des filières de diversification. Le Conseil Général qui a la compétence agricole suit avec beaucoup d’attention la finalisation du projet ILO qui a débuté en 1983. En plus de l’irrigation je rappelle la nécessité de pourvoir le complément de ressource pour les communes de l’Ouest (250 000 habitants et des zones d’activités telles celle du Port sont concernés) et celle de participer à la recharge de la nappe phréatique de la rivière des galets. L’objectif reste bien l’amélioration du service rendu : augmentation des surfaces agricoles grâce à l’irrigation et amélioration de la qualité et du débit d’eau.
2) Comment expliquer la différence entre le budget initial et le coût final ?
Il ne m’appartient pas de juger ce qui a été initié il y a 20 ans et à un tel niveau d’enjeux. Je pense que le projet reste un projet précurseur. Par contre je peux dire que les aléas ne sont pas prévisibles. J’ai été visiter les galeries. C’est impressionnant. Le contournement de la poche d’eau était un préalable à la poursuite du projet et des objectifs finaux (irrigation, répartition équitable de la ressource, gestion globale,…). C’est ce qui explique les différents avenants. Aussi, la reprise prochaine du creusement par le tunnelier permettra d’accélérer les échéances de façon plus économique que par l’explosif.
3) La collectivité peut elle faire face dans le contexte actuel ?
Le département veillera à la finalisation des travaux. Le financement de la poursuite du projet se fera avec le soutien de l’Etat et dans le cadre du programme de financement européen 2007-2013.
4) Et après ce projet d’irrigation du littoral de l’Ouest ?
Je pense qu’il est impératif d’avoir une vision globale et cohérente sur la problématique de l’Eau. Je reste persuadé que l’idée d’une gestion globale de l’eau est possible. Il nous faut déjà préparer l’après ILO. La programmation de l’interconnexion sur l’ensemble de l’île serait une réponse aux demandes futures. Notre responsabilité est d’anticiper l’augmentation de population et donc du nombre de consommateurs, les besoins en eaux d’irrigation, industrielles et économiques pour les deux prochaines décennies. La prochaine étape serait par exemple de corriger une erreur fondamentale : la perte des milliers de mètre cube d’eau jetés à la mer à Sainte Rose. Nous devons déjà préparer les projets structurant dans ce domaine pour la région Nord – Est. Une fois tout ce réseau mis en place nous pourrons alors envisager ce qui pour l’instant n’est peut être qu’une utopie pour certains : une gestion globale, concertée et solidaire. C’est maintenant qu’il nous faut peser à la veille des négociations des fonds structurels européens pour la période 2013-2019 et plus.
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