Entretien avec stéphanie de longeras de témoignages.
sdl : comment concrètement développer le volet incontournable et pourtant délaissé de la santé qu’est la prévention ?
Une véritable politique de santé publique doit passer par la prévention dès l’école. Cela passe donc par l’éducation. Pour le chik, il est évident que l’éducation à la culture de lutte anti-vectorielle et de protection doive devenir une "obligation". Cette politique de prévention doit toucher tous les secteurs de la santé et doit être généralisée (pour l’hygiène physique, alimentaire...). La protection de l’environnement doit être aussi au centre de ces initiatives (gestions des déchets...). Un environnement sain rime avec une bonne politique de santé publique. Aussi, je crois que la prévention doit devenir règle, mais il faut l’adapter à la réalité réunionnaise.
sdl : dans son projet, le pcr note que "quand une société fonctionne mal...elle fabrique des malades." Le sport peut-il jouer un rôle préventif ?
Une société qui fonctionne mal c’est une société rongée par le chômage, par le manque crucial de logements, par l’insalubrité et la pauvreté. C’est le cas d’une grande partie de nos concitoyens réunionnais. Il est nécessaire donc de revoir la solidarité nationale dans ces différents domaines qui relèvent de la compétence de l’État, mais nous entendons contribuer au débat. Ceci dit, Il est vrai que le sport pourrait être un des moyens contribuant au bien être d’une population. À condition qu’ils puissent être partagés par tout le monde (jeunes, moins jeunes, salariés ou pas, personnes atteintes d’un handicap...). D’où la nécessaire accessibilité à toutes les activités sportives par tous les citoyens. Il faut poursuivre la démocratisation de toutes les activités. Il faut penser également à forger une culture de la pratique sportive dès le plus jeune âge. Et là, l’école ne doit pas être privée d’encadrement et les collectivités doivent doubler d’efforts en termes d’infrastructures et d’équipements pour atteindre cet objectif de la pratique sportive de masse. Poursuivons cet objectif pour le bien-être de notre population. Ne négligeons pas également les traitements spécifiques contre toutes formes d’addictologie et de maladies mentales. Le sport a sa place dans cette lutte. Par le sport, nous pouvons par exemple participer à l’éradication du syndrome d’alcoolémie foetale qui fait beaucoup de dégâts chez les enfants, en rompant l’isolement dans lequel se trouvent les mères concernées. De même, la lutte contre l’obésité doit obligatoirement être liée à l’éducation à la pratique sportive... On pourrait citer encore plein d’exemples.
Cet entretien a été réalisé dans le cadre du débat autour du "nouveau contrat social" du pcr.
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